Après bien des tragédies déjà médiatisées, le meurtre de Lyhanna va-t-il enfin sortir la société française et ses gouvernants de leur acceptation tacite des violences contre les enfants ? Pas gagné, une fois disparue l’émotion, tant le pouvoir sacrifie un peu plus aujourd’hui les biens communs au profit de la Défense. Certes, les Européens doivent désormais se protéger eux-mêmes de la guerre et de ses massacres. Au passage, l’indifférence aux petites victimes d’ici rejoint celle à l’égard des dizaines de milliers tuées ces derniers temps à Gaza ou au Soudan. Pour répondre aux deux priorités et à toutes les situations génératrices de violences envers les plus faibles, il faudrait que les gouvernants actuels et futurs aillent chercher de l’argent là où il se trouve ; cessent leur soutien systématique aux dominants ; écoutent et aident, au lieu de les fragiliser, les associations citoyennes ; renoncent à la brutalité et à la démagogie des actes et des discours. Telle la saillie du récidiviste contre l’État de droit Bruno Retailleau réclamant une « cour disciplinaire » contre les magistrats pour faire oublier que la France dépense pour la justice moitié moins que la moyenne des Européens.
Michel Rouger